Romain Lemire brise le tabou de l’inceste masculin avec *Clément*.
Source: lemonde.fr
TL;DR
- Romain Lemire publie son premier roman Clément, un récit d'autofiction sur les viols incestueux commis par son père sur lui et ses frères.
- Les abus commencent en 1983 à 7 ans sur l'île de Belle-Île et durent jusqu'à 14 ans, suivis du suicide du père après révélation.
- Ce témoignage rare d'une victime masculine vise à politiser l'inceste, dans la lignée de #MeTooInceste et d'autres récits comme ceux de Kouchner ou Angot.
The story at a glance
Romain Lemire, musicien, parolier et comédien, publie Clément (Le Cherche-Midi, 400 pages, 22 euros), son premier roman qui relate les viols répétés par son père sur lui et deux de ses frères dans une famille bourgeoise cultivée. L'article de Le Monde, signé Solène Cordier, met en lumière ce témoignage pour briser le tabou de l'inceste masculin, peu exprimé publiquement. Il sort après la vague #MeTooInceste, qui a encouragé Lemire à parler, contrairement à la première #MeToo axée sur les victimes féminines.
Key points
- Lemire raconte sous le nom fictif de Clément Drelin, né en 1976 à Paris, benjamin d'une fratrie de cinq enfants (Pierre, Estelle, Victor, et deux autres) issue d'André (professeur de français, suicidé) et Hélène (éditrice).
- Les viols débutent le 19 juillet 1983 à Belle-Île (Morbihan), quand le père propose d'expliquer "comment on fait les enfants", et se répètent dans des lieux familiaux comme Paris-Montparnasse, Normandie, Loiret, Bourgogne.
- Trois frères victimes directes : Clément, Pierre et Victor ; le père se suicide en 1990, à l'âge de 14 ans de Lemire, après la révélation par le frère aîné.
- Lemire, qui aura 50 ans en 2026, a attendu #MeTooInceste pour témoigner publiquement ; ses frères, dont l'historien Vincent Lemire et le comédien Emmanuel Lemire, partagent cette démarche.
- Le roman s'inscrit après des ouvrages comme La Familia Grande de Camille Kouchner, ceux de Christine Angot ou Neige Sinno, qui explorent les mécanismes et ravages de l'inceste.
Details and context
L'enfance idyllique dans une famille unie et lettrée – où la conversation est un art cultivé par les parents – est brisée par les actes du père, figure fantasque et brillante. Les viols, initiés sous prétexte éducatif, marquent l'adolescence et laissent des traces durables, comme l'exprime Lemire : "J’ai été arraché à moi-même lorsque j’avais 7 ans."
Ce récit d'autofiction complète les témoignages récents sur l'inceste, souvent centrés sur des victimes féminines, en apportant une voix masculine rare. Il vise une politisation du sujet, au-delà du silence familial et social.[[1]](https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/17/avec-son-roman-clement-romain-lemire-entend-briser-le-tabou-de-l-inceste-masculin_6680911_3232.html)
Key quotes
- « J’ai été arraché à moi-même lorsque j’avais 7 ans. » (Romain Lemire)[[1]](https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/17/avec-son-roman-clement-romain-lemire-entend-briser-le-tabou-de-l-inceste-masculin_6680911_3232.html)
- « comment on fait les enfants » (contexte des premiers viols, rapporté dans le roman)[[1]](https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/17/avec-son-roman-clement-romain-lemire-entend-briser-le-tabou-de-l-inceste-masculin_6680911_3232.html)
Why it matters
Ce roman met en lumière l'inceste masculin, un tabou persistant qui limite la reconnaissance des victimes hommes et freine une réflexion sociétale plus large. Pour les lecteurs et survivants, il offre un témoignage concret et rare, validant des expériences souvent tues dans les familles cultivées comme bourgeoises. À suivre : les réactions au livre et son impact sur le débat post-#MeTooInceste, bien que son influence reste à mesurer.